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La ponction
18/09/2012 21:15
L'été est encore là, bien installé sur nos plages. Le ciel étend son beau voile bleu, la mer scintille sans sourciller et le soleil darde de toutes ses forces pour nous intimider. Aussi, comme l'été n'est pas prêt à décamper, les retraités non plus. J'observe, un peu en retrait sur mon petit carré de sable, un large groupe d'hommes et de femmes assis en rond sur des petites chaises pliantes et à l'abri de plusieurs parasols. Des retraités profitant de l'arrière saison. On les entend jurer, crier, rire et battre les cartes. La scène de Marcel Pagnol revisitée. Je ne peux m'empêcher de me dire "En voilà qui se la coule douce. Ils ne sont pas malheureux tout de même nos retraités ! Puis comme pour me contredire, la série de doléances des uns et des autres couvre les rires et le froissement des cartes qu'ils triturent sans ménagement. Les uns racontent leurs enfants au chômage, d'autres la maladie du petit dernier, les rhumatismes, le cholestérol... S'enchaîne très rapidement l'augmentation du coût de la vie, du gaz, des légumes et même des cotons tige. Ah bon même les cotons tiges ? Mais oui ... et de partir sur des précisions chiffrées. J'te parle même pas de la baguette ! Le plus âgé de tous, semble-t-il, prend la parole sur un ton très solennel : mais attendez vous n'avez encore rien vu ! Oh toi le pessimiste ! Le pessimiste moi ? Tu n'as pas entendu ce matin, ils se sont dépêchés de faire de beaux schémas pour nous prouver que nous les retraités on est riche et on doit "casquer". Non pas possible, explique-toi mieux ! Ils nous ont expliqué que du temps de Giscard, t'imagine ils sont remontés à Giscard, lui qui fricotait avec les princesses comme s'il avait le temps de s'occuper des retraités. Eh bien un ministre de Giscard a fait une loi pour aider les retraités qui à l'époque partaient à la retraite avec un salaire de misère. Depuis cette loi n'a pas été abrogée et maintenant zoum on rectifie le tir. Bien fait pour toi lui répond sa femme, t'avez qu'à pas voter pour l'autre naze ! Et si tu crois qu'avec l'autre fou furieux ç'aurait été mieux ? Et vous imaginez si c'était DSK dit une petite voix fluette ? Oh la la mon Dieu m'en parle pas, j'en ai des frissons. Pourquoi ma chérie tu en as des frissons, il te faisait du charme ? Mais qu'est-ce que tu racontes ? Il parait qu'il a déjà remplacé Anne Sinclair. Ah je vois, tu as encore acheté tes magazines à popotin. À potin ! Oui au moins je suis au courant de tout. Et tu as vu la princesse des anglais, avec ses seins nus, comment c'est déjà son nom ? Kate ! tu vois toi tu retiens le nom des dames. Elle est belle hein ! Tu salivais le jour de ses noces devant la télé. Fallait le voir, il l'imaginait dans son lit reprit sa femme en pouffant de rire. Les hommes tous les mêmes ! Et vous les femmes à vous pâmer devant l'autre danseur qui se touchait tout le temps son sexe. À sa mort toutes les nanas pleuraient comme des madeleines. Des éclats de rire fusaient dans tous les sens. Tout le monde parlait en même temps ! Tout Gala, tout Voici, tout Paris Match, sans oublier la poitrine proéminente de Paméla Anderson, y passèrent, les déviant complètement du motif de leur mécontentement. C'était à croire qu'ils n'avaient pas envie de gâcher une belle journée d'été, une belle partie de cartes et tout à l'heure un bon apéritif pour des histoires de gros sous.
Ils ont été les fourmis d'hier, travaillant, suant, épargnant et ils paieront pour les cigales d'aujourd'hui !
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Adieu l'artiste !
15/09/2012 22:20
Aujourd'hui, tous les journaux télévisés ont ouvert leur journal du soir en tapant les trois coups: « Pierre Mondy est décédé à l’âge de 87 ans. Nous connaissions tous cet immense acteur … ». Ont suivi les éloges, les rétrospectives, je n’écoutais plus. À chaque fois qu’on nous annonce la mort de quelqu’un, suivie immédiatement de son âge, tout bêtement je calcule. En calcul mental j’excelle, point n’est besoin de calculette. C'est dû à ma génération bûchettes. Donc je calcule … ce qu’il me reste à vivre par rapport au « décédé ». Donc là, pour le coup il y a de la marge. Mon cerveau embraye. Je suppute allègrement. J’aurai le temps d’écrire tant de livres. Tant que ça ? Mais oui un livre par an, faîtes le compte ! J’aurai sûrement le temps de marier mes petits enfants et peut-être serais-je arrière grand-mère ? J’aurais le temps de naviguer, de bourlinguer, de rêver. Sauf si la dame en noir en décidait autrement. Alors là j’aurais « tout faux » comme disent les enfants. Je ne veux pas y penser. Mon regard se reporte sur la télévision. Il n’y est plus question de Pierre Mondy mais de pauvres victimes innocentes, qui avaient encore tant d’années à vivre et qui sont tombées sous le couperet de la dictature, de la sauvagerie d’hommes barbares. Visions d’horreur insupportables. Là je prends toute la dimension de l'inanité de mes calculs. Ah tiens on reparle de Pierre Mondy. Il apparaît en gros plan sur l’écran. Et il le crève ! J’ai un petit pincement au cœur. C’est toujours très triste d’apprendre la mort de quelqu’un, mais c’est la vie ! Adieu l’artiste !
Pierre, repose en paix. Tu n’as rien à craindre, on ne t’oubliera jamais.
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Ma rentrée des classes
11/09/2012 22:44
Aujourd’hui j’ai fait ma rentrée des classes "Informatique". J’entends d’ici les interrogations fuser « mais pourquoi faire, tu connais déjà à peu près tout, tu tiens un blog … » j’en passe et des meilleures.
C’est exactement ce que je me disais ce matin en me préparant pour aller à ce premier contact. Qu’est-ce que j’allais y faire ? Je n’ai pas beaucoup de temps etc …
À chaque fin de saison, je me jure que l’an prochain j’irai m’inscrire et à chaque début de saison, je me dégonfle. Pas cette fois, je vais y aller et je verrai bien.
Le rendez-vous était fixé à 9h. Je pensais qu’à cette heure un peu matinale, les gens étaient partis faire trempette, été indien oblige, il n’y aura pas grand monde. Que nenni !!! Environ une centaine de personnes attendaient là, une interrogation inscrite sur chaque visage face à l’affluence : y aura-t-il de la place pour tout le monde ? Je me suis dit aussitôt, il y a peut-être d’autres ateliers qui reprennent ce matin. Que nenni !!! Rien que l’informatique !
J’ai observé un peu autour de moi et force était de constater qu’il y avait des jeunes … de 60 ans environ et des moins jeunes qui pouvaient bien approcher les 80 ans. Diantre ! Bon nous allons bien voir de quoi il retourne, ai-je pensé comme pour me rassurer. Autodidacte, je bidouille sur mon ordinateur, là je voudrais apprendre les bases pour gagner du temps.
Les animateurs se sont présentés, une fois tout le monde installé, ce qui a pris un bon moment car il a fallu ajouter des chaises et pousser les murs de la grande salle Mimosa de Saint Raphaël Accueil Loisirs. Ma ville !
Les animateurs sont des bénévoles, des retraités, des gens plein d’enthousiasme et qui connaissent leur sujet sur le bout des doigts. L’auditoire était attentif et fut très vite rassuré sur le programme adapté à tous les niveaux. Que demande le peuple ?
Je n’ai pu m’empêcher de penser une fois de plus que nous avions beaucoup de chance de vivre en France. Dans cette même salle, le vendredi je m’initie à la peinture, le lundi je participe à la conversation en anglais, sans oublier les autres disciplines, il y en a pour tous les goûts, le bridge, la marche, les cours de théâtre, la bibliothèque et tout ça gratuitement. Tout ça gratuitement et en toute liberté, grâce à tous ces bénévoles qui donnent de leur temps et de leur énergie pour partager leur savoir. Merci !
Mais ce qui m'émerveille encore plus c'est la vitalité de toute cette génération des 60/80 ans qui ne veut pas arrêter la machine, qui a toujours des envies, des besoins, qui bougent même si "on a mal au bras, au genou, aux articulations". Un matin, lors d'un circuit, j'étais en avance pour monter dans l'autocar et j'entendais les deux chauffeurs dire sur un ton méprisant, en même temps qu'ils enfumaient leurs poumons en pompant sur la nicotine : "bon on va les emmener où les "t'as mal ou"?. Seulement voilà les tamaloù remplissent les croisières, les circuits et les salles d'étude. Bravo !
En France, pour mourir idiot, il faut le vouloir vraiment. Suivez l'exemple jeunes gens.
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Jeux paralympiques
03/09/2012 21:50
Les jeux olympiques pour handicapés me gênent. Terriblement !
Voir un homme nager avec un seul bras, une aveugle courir avec son coach, un tournoi de tennis en fauteuil roulant ... me met mal à l’aise.
Eh oui ça me gêne et j’aurais du mal à vous dire pourquoi.
Peut-être parce que je suis une âme sensible et qu’au-delà de l’athlète et de sa performance, je ressens sa souffrance, son combat face à la vie qui lui a fait une mauvaise blague ?
Peut-être parce que j’ai peur de me retrouver en situation de voyeurisme ?
Peut-être parce que je me dis faut-il être diminué pour se surpasser ? Seulement à ce prix-là ? Si oui c’est terrible ! Mais non !
Peut-être parce que je ne suis pas sportive et que déjà les jeux olympiques m’indiffèrent. Ces médailles qu’on brandit, qu’on mordille, qu’on embrasse, oui, ces embrassades, ces cris, ces larmes, ces rires, ces émotions et le cocorico dès les premières médailles tombées dans l’escarcelle, et qui s’est très vite enrhumé du reste. On s’est classé combien ? Combien de médailles ? Je n’en sais rien et peu m’importe !
Et au fond, peut-être parce que cela me donne des complexes … Handicapé ou pas, nul n’est parfait !
Et qui a dit : l’essentiel est de participer ? Les athlètes handicapés font plus que participer, ils font avancer le monde ! Aucun être humain ne peut rester insensible à ce dépassement de soi !
Ma gêne est une chose mais mon admiration est sans borne, aussi je ne vais pas me gêner pour leur dire BRAVO !
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La gentillesse
28/08/2012 15:18
La gentillesse : qualité de quelqu'un qui est gentil.
Donc c'est une qualité ! Bizarre que de nos jours la gentillesse est souvent synonyme de "petit". N’utilise-t-on pas l’expression réductrice "tout ce qui est petit est gentil" ? Observez la réaction d’une maman quand on lui dit : « oh qu’il est gentil votre petit ». Elle panique. Gentil le petit ? Alors que tous les enfants sont bruyants, chahuteurs, agaçants parfois ? Un enfant gentil est un enfant heureux. Indéniablement !
La gentillesse prend également une connotation péjorative « oh lui c’est un gentil » sous entendu « un doux dingue » ou pourquoi pas carrément « un pauvre type, un mou, un niais ». Du reste la même maman dira de son fils devenu grand, avec fierté, amour et beaucoup d’émotion dans la voix : « oh il est si gentil mon fils » ! En fait traduisez : « je l’aime tant » ! Parce que les gentils on ne peut que les aimer.
Aussi je m'insurge !
Au mieux, je dirais qu'être gentil n'est pas donné à tout le monde. Au pire, que la gentillesse déserte notre monde.
C'est dévalorisant ! C'est réducteur ! C’est inutile ! C'est l'exclusion !
Alors, si depuis quelques jours me démange l’envie de parler de la gentillesse, c'est parce que je l'ai rencontrée cet été. Et elle m'a touchée. Habituée à recevoir des coups et à en donner, j'ai tout d'abord été méfiante. Très ! Toutes les bonnes ou mauvaises raisons se sont liguées pour me mettre en garde. J'étais sur la défensive. J'ai même été dans l'offensive.
Puis petit à petit la croute d'auto protection s'est fissurée. La gentillesse s’est faufilée dans la brèche. En toute simplicité, faisant écho à mon enfance.
Je me suis laissée amadouer. Je me suis laissée faire ! Et je me suis dit que j’ai eu beaucoup de chance d’avoir rencontré la gentillesse.
M’a-t-elle rendue meilleure ou m’a-t-elle tout simplement démontré qu’être gentille, généreuse, affectueuse la rendait elle, la gentillesse, jolie et attachante, voire craquante ? J’étais à sa merci en toute sérénité et bonheur. J’étais apaisée et mise en confiance. À ses côtés j’étais bien.
Et lorsque la vie m’a déroulé son tapis de sentiments, les cinq défauts capitaux que j’exècre : la méchanceté, l’égoïsme, la bêtise, la mesquinerie, l’indifférence, la gentillesse a tout gommé.
Alors si un jour vous côtoyez la gentillesse, ne ratez pas le rendez-vous. Mais attention la gentillesse est une maladie contagieuse ! Moi j’ai attrapé le virus, je ne cherche pas à en guérir mais à en contaminer d’autres.
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