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"Môman"
23/05/2013 13:48
"L'amour maternel est le plus éminent des sentiments égoïstes, ou, pour dire autrement, le plus énergique des sentiments altruistes" de Alain.
Je ne sais pas qui est Alain mais ce qu’il écrit raisonne dans ma tête. Je m’inquiète soudain : raisonne ou résonne ? Les deux ! Je me raisonne pour que ne résonne pas la révolte en moi !
La femme qui décide un jour d’enfanter ne pense pas à un acte égoïste. Cependant quelle est la femme qui réfutera l’idée qu’elle prend cette décision un peu égoïstement. Pour ressentir cette fusion neuf mois durant pour ensuite la vivre chaque jour en accompagnant pas à pas sa réussite, sa gloire jusqu’à appeler sa petite « Gloria », sa chance aussi … dans un sentiment totalement altruiste. L’autre, sa partie d’elle-même. Son tout. Son moi ! Jusqu’au-boutiste ! Jusqu’à son dernier souffle !
Mais la femme qui n’enfantera pas pour de multiples raisons, bien souvent égoïstement fondées ou infondées, payera un lourd tribut à l’aridité de son corps. J’ai souvent remarqué que même dans le désert, une petite fleur sauvage venue de nulle part pousse toujours. La loi de la nature fait sa Loi !
Celle qui se bat, qui lutte, qui se sacrifie, bien souvent au péril de sa vie pour procréer, dépense une énergie démesurée et altruiste. Cette femme-là je la saluerai en particulier.
J’éprouve tout à coup une pensée affectueuse à toutes celles et ceux qui chérissent, pleurent et regrettent leur « môman », disparue toujours trop tôt ! Et plus encore aux mamans qui n'entendront plus "maman je t'aime" parce que la vie en a décidément autrement. Quelle pire triste journée que ce dernier dimanche du mois de mai ?
Cependant va résonner ma révolte contre les mamans qui ne méritent pas ce « label ». Même si elles ont des excuses, même si elles sont inconscientes du mal qu’elles inculquent dans les veines de leur progéniture qui n’a rien demandé avant d’être une minuscule graine mais mendie un peu d’amour après, car la graine a besoin de grandir, même si je veux espérer qu’au fond d’elles-mêmes le cordon reste encore un peu accroché comme un fil rose ou bleu, j’ose à croire que toutes les mamans aiment leur petit bout d’Elles.
Sinon quelle espérance ?
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Clélie et Dziga
19/05/2013 21:37
Samedi il pleuvait des cordes. D’où vient cette expression ? Je ne saurais le dire mais les cordes ressemblaient à s’y méprendre à des lassos lancés à la volée de tout là-haut et qui nous faisaient prendre nos jambes à nos cous pour nous mettre à l’abri. La violence des rideaux d’eau qui chutaient était estourbissant au point que les sourcils froncés, le regard hagard, tous se demandaient si on verrait un jour la fin de ce cycle infernal.
Positiver est ma devise. Aussi, bien au chaud à l’Espace Culturel du Centre Leclerc de Montauroux, plutôt que de désespérer à attendre mes lecteurs pour dédicacer mes romans, je me suis mise à travailler mon sixième roman. Pas eu vraiment le temps !
La dernière fois, ici, il neigeait, alors ça ne peut pas être pire !
Puis est arrivé mon premier rayon de soleil. Michèle. Souvenez-vous je vous avais parlé d’elle lors de ma première dédicace ici. Michèle dont le père se prénommait Charles et qui était repartie avec trois « Gustave » pour l’offrir à ses soeurs. Notre amitié naissante n’a pas failli. Je l’avais prévenue de mon passage à Montauroux. Michèle est venue me saluer et est repartie avec mon quatrième livre qu’elle n’avait pas encore lu. Magique cette émotion contenue dans nos regards qui se passent de discours.
La porte dans un grincement mécanique laissait passer quelques personnes qui avaient bravé le déluge pour venir se promener dans les rayons de livres. Les échanges étaient cordiaux. Chaque fois qu’un enfant accompagnait ses parents, il repartait avec « Gustave ». J’ai ainsi pu parler avec Dziga, un garçon calme et pondéré. Adorable et poli !
J’ai voulu savoir ce que son prénom voulait dire « Toujours en mouvement ». Le prénom de Dziga a été emprunté au cinéaste russe Dziga Vertov. Un clin d’œil à mon Château !
Puis j’ai bavardé avec une petite fille adorable Clélie. Pas commun son prénom. Clélie non plus n’est pas banale. Des yeux pétillants, un joli sourire. Elle sait ce qu’elle veut. Elle voulait tout savoir de Gustave. En partant elle se retourne vers moi et me demande mon prénom. Sa maman lui a répondu « mais tu l’as sur la couverture et tu as même sa photo ». Mais surtout ce qui m’a frappée c’est ce qu’elle m’a raconté : à l’école elle a une amie qu’elle aime beaucoup et les élèves les traitent d’homosexuelles. Clélie a huit ans ! Sa maman regrettait qu’à l’école, il n’était plus question que de ça ! Clélie est vraiment jolie, pétillante, excellente élève et heureusement est très équilibrée car chérie par sa maman.
À seize heures, un deuxième rayon de soleil, encore plus beau car inattendu ! NAT !
Tout à fait par hasard, NAT avait cliqué sur Facebook et avait appris que je dédicaçais à Montauroux et elle a eu envie de venir me voir depuis Grasse. Nous nous sommes rencontrées, NAT et moi, lors d’une journée où elle exposait ses magnifiques peintures et moi je dédicaçais, à Tourrettes. Bien que nettement plus jeune que moi, elle m’apporte une protection presque maternelle. Elle m’apaise ! « J’aime te lire, j’aime ton style » me répète-t-elle à l’envi ! NAT est une belle personne sincère, alors je ne sais pas quoi lui répondre ! « Présente-moi Pépé Charles » ! Là oui je parle, je parle ! Et on rit et on explose d’une belle complicité. On se quitte en se promettant de se revoir très vite. Je sais qu’entre temps elle me téléphonera pour me parler de mes livres et de son ressenti. Quel bonheur !
La journée s’est ainsi écoulée parsemée de forts moments d’échange avec Emma, Paul, Rose ...
Alexandra, la Responsable de l’Espace Culturel, toujours aussi dynamique, m’a cordialement invitée de revenir dédicacer samedi prochain pour la fête des mamans. Après la neige, la pluie, forcément il fera soleil !
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le jardin de curé
11/05/2013 09:48
"Le jardin, c'est de la philosophie rendue visible" de Erik Orsenna
Les beaux jours me voient toujours, accroupie, les mains dans la terre ; les petits vers mis à nu frétillent et les petits oiseaux volettent autour de moi, guettant la bonne chère.
Mon jardin cohabite avec les liserons, les herbes folles, les fleurettes blanches ou fleur d’ail sauvage, les marguerites jaunes, quelques iris d’un bleu mauve suave. Enfin c’est un peu du style « jardin de curé ». J’aime bien cette déraison, cette liberté. Et puis, peut-on maîtriser la nature et ses herbes folles ? Elles se propagent plus vite que notre ardeur à les éradiquer. La loi de la Vie !
L’épicurienne que je suis a donc commencé ses plantations. L’émotion est renouvelée de mois en mois et d’année en année. Les questionnements foisonnent. Est-ce comme cela que l’on s’y prend ? Est-ce que ça va pousser ? Est-ce que j’ai mis la bonne terre ? L’ai-je bien préparée ? Au bon endroit ? Soleil, mi ombre … Je lis et relis les instructions, pas très explicites à mon goût, du petit sachet d’emballage des graines.
À partir de ce moment-là, tous les matins, à peine un pied à terre, je jette un œil furtif sur les grandes lignes désherbées, légèrement sinueuses, parce que moi le cordeau je ne connais pas et puis très sincèrement je ne suis pas « regardante ».
Puis ma première tasse de café à la main, je cours scruter avec avidité le premier point vert qui va affleurer au sol. La patience n’est pas une de mes vertus.
Puis un matin, ça y est ! Un coucou feuillu me fait signe, puis un autre, puis un autre. Mes fèves poussent gaillardement, mes capucines ont donné un feuillage vert mais point de fleurs à l’horizon. Quelques minuscules tomates ont besoin d’un tuteur. Quelques bambous feront l’affaire.
Je pousse un ouf de soulagement et de contentement. Encore cette fois ça a marché ! Mais pourquoi cela n’aurait-il pas marché ? Quand on y met toute sa sensibilité et son cœur, quand tous les matins on vient leur parler, quand la pluie, offrande de la nature, joue l’alternance avec le soleil, le résultat est garanti.
Et si Jean de La Fontaine m’avait influencée lorsque petite je récitais « Le Laboureur et ses enfants » : Travaillez, prenez de la peine, c’est le fonds qui manque le moins.?
Cet été petits et grands vont réjouir leurs papilles avec les trésors de mamie.
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Stéphanie et Monique
06/05/2013 10:23
En rentrant samedi soir de ma journée de dédicaces à Saint Laurent du Var, j’ai récupéré machinalement mon courrier dans ma boite aux lettres et l’ai posé négligemment sur ma table. Plus tard me suis-je dit, pas tout de suite, plus tard.
Et bien sûr, dans mon petit nuage, toute ma soirée je revisitais mes rencontres, les mots d’encouragement sincères, les flatteries pas toujours convaincantes. L’essentiel c’est d’exister, là au milieu des autres !
Somme toute le bilan était largement positif et ma joie intacte, comme la petite fille qui a assisté à son anniversaire dans un brouhaha et qui redécouvre ses cadeaux dans le calme de sa chambre.
Sauf que le plus beau présent de la journée m’attendait là paisiblement, sur le coin de mon bureau. Comme dans « Lettre à Pépé Charles » une enveloppe anonyme. Je l’ai tournée et retournée les sourcils froncés et interrogateurs. Pas de nom d’expéditeur. Qui m’écrit ? Je la soupèse, elle est épaisse. Bon je lirai mon courrier demain, pas envie ce soir. Puis la curiosité l’emporte, juste celle-ci, le reste attendra.
Le bruit de l’enveloppe décachetée me semble musical, prémonitoire d’un bon message à enregistrer dans mon disque dur.
Une première feuille blanche juste recouverte de ces quelques lignes :
« Annette,
ci-joint, de petites illustrations à l’encre de chine qui reflètent votre joli ouvrage « Gustave » que maman s’est régalée à réaliser !!! À bientôt ! Stéphanie et Monique, son artiste de mère !!!
Sur le coup de la surprise, je laisse échapper de l’enveloppe des petits carrés de papier. Je ne les ramasse pas tout de suite. Je les observe à mes pieds et je vois un petit chat, Pépé Charles, des glands de chêne … De jolis dessins à l’encre de chine que je regroupe et admire doucement. Qui est Stéphanie ? Qui est Monique ? Je ne vois pas du tout. Ma mémoire flanche et me nargue. Fébrilement je découvre la suite : une carte aquarelle, mon reflet, tout mon MOI « Chez Annette ». Je la retourne instinctivement et un joli texte collé l’accompagne :
Annette,
Je tenais à ma façon à vous remercier pour la gentille attention que vous avez eue en me dédicaçant 2 livres de votre palmarès, avec lesquels je me suis régalée !! J’ai terminé par « Gustave » qui est une réussite totale, car vous avez réussi à mêler de la joie, de l’émotion et surtout une envie de lire la suite !!!
Je tenais à mon tour à vous « offrir » pour votre gentillesse une petite carte aquarelle qui symbolise ce que je vois de vous !! Elle est réalisée par ma maman experte en peinture qui a su reproduire mes desideratas dans les moindres détails !
Je vous ai fait parvenir un message Facebook avec la question cruciale où faut-il aller pour acheter d’autres ouvrages de vous ?
En cherchant votre adresse, je m’aperçois que mon envoi tombe incidemment sur ce jour du 30 avril… alors je vous souhaite un joyeux anniversaire !!!
Encore mille mercis pour les bons moments passés en vous lisant et félicitations ! Amitiés. Stéphanie
Comme dans « Lettre à Pépé Charles » il me fallait trouver Stéphanie. Refusant d’écouter ma fatigue, le marchand de sable étant passé depuis belle lurette, mes yeux parcouraient tout facebook à la recherche du message envoyé par Stéphanie. et j’ai trouvé ! Mon cœur battait fort à l’évocation de notre rencontre. D’une toute petite voix émue, Stéphanie m’avait dit « si vous saviez comme j’adore lire ». Stéphanie n’a pas fait que lire, elle est entrée dans mon univers. Tout y est ! Sacré « Gustave » tu es bien l’ami de tous !
Merci Stéphanie. Merci Monique, vos illustrations m’ont touchée. Vraiment ! Et tout le plaisir a été pour moi de découvrir votre talent d’artiste.
Il ne me reste plus qu'à prier le ciel de m'être toujours aussi clément !
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"La fête au Vieux Village"
05/05/2013 21:50
Très belle journée ensoleillée pour la seizième rencontre littéraire à Saint Laurent du Var. Un salon chaleureux et vivant !
Pour la deuxième année consécutive le salon du livre s’est tenu dans le gymnase. Cette fois la disposition des tables était plus agréable et rationnelle. Aucun auteur n’était oublié ni privilégié. L’animation assurée par le même journaliste, toujours aussi sympathique.
Monsieur Revel, le maire, et quelques élus sont venus nous saluer.
Très belle ambiance chaleureuse, beaucoup de visiteurs à la rencontre de leurs auteurs et de leurs nouveautés. Beaucoup de dédicaces, d’échanges et de sourires.
À midi nous avons été servis par des mamies bénévoles qui nous avaient préparé des spécialités locales. Délicieux !
C’est la troisième année que le Comité de Sauvegarde du Vieux Village de St Laurent du Var me fait l’honneur de m’inviter. La première année, je commençais à peine à présenter mon roman « Retourne de là où tu viens ». Je découvrais les salons. Depuis je ressens la même émotion à retrouver ces bénévoles qui sont animées d’une joie de vivre et d’un dynamisme époustouflants … quand on connaît leur âge. Bravo !
Toutefois j’ai une grande tendresse pour Marité (avec moi sur la photo) qui chaque année vient m’embrasser et m’acheter ma dernière parution. Marité est ma bonne fée. Elle est une de mes plus fidèles lectrices et la retrouver là tous les ans est un vrai bonheur. Marité que Dieu te garde longtemps pour nous tous, les auteurs. Merci également à Philippe Porteron qui s’est donné à fond ainsi qu’à toute son équipe. Avec de petits moyens, le Comité du Vieux Village de St Laurent du Var anime un très beau salon du livre. À l’année prochaine.
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