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Enfin presque ...
15/09/2013 10:52
« Conservons par la sagesse ce que nous avons acquis par l’enthousiasme » de Condorcet.
Un week-end sans dédicaces, presque sans écriture, presque sans internet, presque sans mail, presque sans stress. Enfin presque !
Un peu moins de tout c’est presque plus rien et ça fait du bien !
Un week-end libre de lire, de flâner, de manger, de rire, de dormir.
Un week-end en totale liberté, de mon plein gré, pour me ressourcer.
J’y suis arrivée et croyez-moi c’est un exploit. Mais l’obstination est passée par là.
Il faut savoir arrêter les compteurs et les remettre à zéro. Il faut aussi du courage !
Une nouvelle page s’ouvre pour quel avenir ? Et si l’avenir pouvait se programmer juste pour quelques mois, quelques jours, quelques heures d’un bonheur simple ? J’aime cette réflexion qui m’anime. D’où sort-elle ? Je me souviens … Hier …
Hier, samedi, en fin d’après-midi, j’ai repris mes quartiers dans mon petit carré de sable. Très peu de monde. Le tourisme de masse s’est volatilisé pour un retour au bercail. D’autres sont venus chercher un peu de bon temps, loin du bruit et sous un soleil toujours présent mais moins agressif. Enfin presque !
Je reconnais quelques retraités, des habitués. Chaque année, à date précise, ils sont là. Ils savourent paisiblement l’éternel décor azuréen. Aucune lassitude. C’est un peu d’eux qu’ils viennent retrouver ici. Les quelques rides supplémentaires qui s’affichent cyniquement sur leurs visages me rappellent à l’évidence. De toute évidence, ils doivent remarquer les miennes. Ils m’ont reconnue et me saluent d’un sourire convenu. Mon sourire, en retour, leur souhaite la bienvenue.
Un « fais gaffe, tu prends des risques inconsidérés » me fait tourner la tête. Deux femmes discutent en toute complicité. La mère, la fille ? La grande sœur, la petite sœur ? Deux amies ? Au fond quelle importance ? Ce sont des retrouvailles, de cela j’en suis sûre.
Le ton monte avec le déferlement de confidences qui s’enfilent comme des perles sur un fil d’acier. Ce fil qui les lie à vie.
Celle qui semble un peu plus jeune, ou est-ce un trompe l’œil, s’emballe, s’enflamme, s’emporte. Il faut qu’elle dise tout pour que l’autre comprenne bien.
L’autre écoute, les mains jointes, l’œil inquiet. À n’en pas douter un vent de folie est passé par là. Elle s’étonne, interrompt prudemment pour calmer la déferlante de propos qui deviennent presque incohérents tant le débit est rapide et saccadé. Elle fait mal par ses questions-réponses judicieuses et ciblées :
- Tu ne le connais pas, tu ne l’as jamais vu, qui est-il ce soi-disant ami, peux-tu vérifier tout ce qu’il te dit, c’est un dragueur, un prédateur, fais attention tu ne sais pas où tu mets les pieds.
- Tu t’inquiètes inutilement. Il est loin, on ne se verra jamais. C’est juste un ami avec qui j’échange. Je t’assure c’est sans aucun danger. Oui j’ai vérifié. Tout ce qu’il me dit c’est vrai. Je le sais ! Je sens ces choses-là. Et surtout il me fait rire, des fous rires qui durent une éternité au téléphone !
- En plus du net, il y a le téléphone. S’il te fait rire … il a tout gagné !
Je ne les écoute plus. L’une ne raisonnera pas l’autre. Qui peut conseiller quand l’autre ne veut rien entendre ? Qui peut protéger quand l’autre a envie de vivre sa révolution ? Une révolution perdue d’avance ? Mais rien n’est perdu d’avance et « ce qui est acquis n’est plus à prendre ».
Cette amitié … ou amitié amoureuse ou Âmour tout court, c’est de l’éphémère, à n’en pas douter. Elles le savent bien toutes les deux. L’autre crie encore « mais qu’importe » !
Plus tard, avec la sagesse, viendra en doux souvenir ce moment de bonheur et d’enthousiasme.
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Ma richesse
08/09/2013 10:38
« Aimer c’est trouver sa richesse hors de soi » de Alain
Je ne sais pas qui est Alain, mais ce que je sais c’est que ma richesse était là hier, dans cet antre de la culture, dans cette ville, dans ce brouhaha, dans cette sorte de folie artistique.
Ma richesse c’était hier avec Stanislas. Un petit bonhomme, haut comme trois pommes, et qui avec ses yeux d’amour m’a dit « j’ai aimé lire Gustave et je voudrais découvrir la suite ».
Ma richesse c’était avec Marius, cinq ans. Sa maman lui a demandé de prendre connaissance de la quatrième de couverture de « Gustave » avant de l’acheter. J’ai ouvert de grands yeux étonnés. Mais si, m’a-t-elle assurée avec une fierté amplement méritée. Marius a lu à haute voix, une voix juste, une intonation parfaite. Un attroupement s’est formé autour de nous. « Ma richesse » était à son comble.
Ma richesse était avec Paloma, Lenny, Sarah d’adorables enfants et adolescents mais aussi avec Hélène qui m’a touchée par son histoire, Cécile et Pierre un couple heureux, Camille, Hassna que je reverrai très prochainement dans son collège dans un programme pédagogique sur mes livres. Et tant d’autres. Et tant d’autres.
De mémoire, je crois n’avoir jamais rencontré autant de monde dans une même journée.
Les uns étaient stressés, expéditifs, une liste de fournitures scolaires à acheter.
Les autres flânaient en tenue encore estivale, dos nus, robes légères ou shorts, chemises et tongs. Bronzés et souriants.
Par vagues successives je les voyais arriver à en avoir le tournis.
Le tournis je l’ai encore ce matin. Je le chasse mais il ne me quitte pas. Les images défilent en continu.
L’ivresse de ma richesse. Ma richesse d’une succession de hasards qui m’installe, là, sur ma chaise et qui emballe ma Vie.
Alors même si parfois, j’en ai un peu marre, même si parfois je voudrais tout laisser tomber et reprendre ma vie d’avant, cela n’est plus possible. Baisser les bras ne me parait même pas envisageable. Ma fatigue n’aura jamais raison de moi. Mon amour reste vivace.
Je ne pourrais plus me passer de cette richesse hors de moi, riche des autres.
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Les liens
02/09/2013 11:05
"Celui qui ouvre une porte d'école, ferme une prison" de Victor Hugo.
Demain toutes les portes des écoles vont s’ouvrir sur l’avenir de notre jeunesse, notre force vive.
Des enfants vont pleurer en quittant leur protection maternelle, d’autres vont serrer les dents pour ne pas montrer leur désarroi. D’autres encore vont y entrer l’esprit confiant, l’œil vif et la tête bien droite.
Je me souviens de mes premières rentrées scolaires, c’était ma délivrance. Je savais que là serait ma liberté … Je le sentais intuitivement.
Il faut dire que j’ai eu la chance d’être « éduquée » par des maîtresses qui méritaient bien leur titre « LA maîtresse ». J’utilise sciemment le verbe « éduquer ». Ne dit-on pas l’éducation nationale ? Son rôle est primordial mais pas exclusif. Les parents ont un rôle aussi important à jouer. Beaucoup démissionnent, hélas. Il est vrai que pour certains les temps sont si durs !
Je me souviens, enfant, je revenais à la maison et je disais sur un ton très solennel : « la maîtresse a dit », « la maîtresse veut que… », « la maîtresse a expliqué pourquoi… », « la maîtresse m’a donné un bon point », la récompense suprême.
Et là j’étais la reine d’un jour à la maison.
Et là j’avais compris le processus… travail = la récompense suprême !
Mais les petits-enfants des baby-boomer ne réagissent pas de la même manière. Ils ne sont plus aussi malléables que nous l’étions à notre époque. La télévision, les jeux vidéo, les téléphones portables sont passés par là. Ils sont, pour le plus grand nombre, voués à eux-mêmes, seuls, dans cette marée virtuelle et inhumaine.
Il faut être à leur écoute. Aujourd’hui encore plus qu’hier !
Hier on disait « les surveiller comme le lait sur le feu », aujourd’hui on ne fait plus bouillir le lait, il est stérilisé à haute pression, il n’est plus en bouteille de verre il est en briquette jetable. Tout est dans l’instantané et l’éphémère. Tout est compacté, même l’existentiel. Les mots changent, les méthodes changent, les sentiments changent. Les liens se délitent de plus en plus.
N’exagérons rien, sinon nous tomberons dans le désespoir et la vie n’est que « des-Espoirs ».
Chaque fois que je rencontre des enfants qui me disent « je ne lis pas » ou « je n’aime pas l’école », je tends l’oreille. J’essaye de comprendre ce qui n’a pas fonctionné. Et chaque fois qu’un enfant repart, après m’avoir écoutée, et que j’ai réussi à lui arracher une promesse « d’essayer » de changer d’avis, je suis infiniment heureuse, la gouttelette dans l’océan.
En cette semaine de rentrée des classes, Chères maîtresses de mon enfance, ma gratitude vous est acquise à vie.
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Bonne rentrée
01/09/2013 17:51
Le marathon des salons du livre, festival du livre, fête du livre, nocturnes littéraires et autres … se termine avec la fin de l’été.
Même si le soleil est toujours plus que jamais présent, même si le ciel immaculé continue à briller au-dessus de notre mer bleu azur, la fête est finie et me reste une nostalgie de tous ces enfants rencontrés, qui m’ont émue, m’ont chamboulée parfois, m’ont accompagnée toujours. Quel magnifique privilège qu’a été le mien, de leur parler, de leur sourire, de les encourager et de les aimer. Tous ces enfants étaient un peu les miens. Une si grande et si magnifique famille !
Tous s’apprêtent à prendre le chemin de l’école, du collège ou du lycée, comme pour nous le chemin de la rentrée littéraire.
Il n’y a pas d’âge pour aller vers son destin. Il y a juste une lumière qui nous guide vers le meilleur.
Téo, Laura, Eloïse, Laurie et Lysa, Isaline, Lorena, Lindsey et Miya, Clélie, Dziga, Léo, Paul et tant d’autres, je voudrais vous souhaiter une bonne rentrée scolaire ainsi qu’un avenir prometteur, même si tout n’est pas facile et rien n’est simple.
Tous les ans on nous annonce un mois de septembre difficile. Des manifestations se profilent à l’horizon, peut-être le bruit des armes et des bottes des soldats éclatera-t-il dans des pays voisins. Difficile de rester insensible mais à chacun son combat.
Bientôt nos arbres prendront la belle couleur mordorée de l’automne, les feuilles jucheront le sol des grands parcs, les fruits éclateront en bouche.
À toutes mes lectrices et lecteurs, à mes chères amies et amis du blog, je vous souhaite une rentrée en douceur.
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L'Amiral
25/08/2013 08:50
Saint Martin de Pallières, son château médiéval, ses vignes, sa chapelle et ses vieilles pierres solidement ancrées sur cette terre pour l’éternité.
Juste quelques nuages blancs pour dissiper ce qui aurait pu être écrasant de chaleur.
Un village alangui, endormi, silencieux. Quelques enfants, quelques jeunes couples, quelques personnes âgées.
Une salle de coopérative, des bénévoles attentifs c’était leur première, trente auteurs, tous régionaux, tous animés du même sentiment de solidarité pour faire revivre ces villages retirés.
Une bonne ambiance de retrouvailles, nous nous connaissions tous ou presque. Célia un volcan, René un extra-terrestre divinement intelligent, Lucien adorable et paisible, à mes côtés toute la journée. Et comme toujours, quelques revêches qui se prenaient trop au sérieux.
Un accueil chaleureux, un repas du midi sous les arbres, derrière la vieille chapelle (rappelant à certains de vieux émois, qui n’a pas …), du rosé et des éclats de rire.
Sinon pas grand-chose à vous raconter. Très peu de visiteurs, les touristes étaient déjà sur le chemin du retour. Les villageois avaient probablement d’autres priorités.
Mais qu’importe ! Ceux qui étaient là avaient envie de nous rencontrer. La qualité de l’écoute était au TOP ! « C’était simple mais c’était si bien » !
Une adorable Belge qui m’avait écoutée avec beaucoup d’attention, m’a dit « je fais le tour ». Et je l’ai vue vraiment s’arrêter devant chaque auteur. Lorsqu’elle est revenue vers moi, elle m’a dit « ça y est, je reviens vers vous car je viens chercher votre passion ». Je n’ai pas tout de suite compris ce qu’elle voulait dire. Elle m’a désigné « Retourne de là où tu viens » et « Un soir d’été en Sardaigne ». Dans ces deux livres, je sais que je vais trouver mon bonheur puisqu’il est passé par le vôtre ». Cadeau royal … Elle s’appelle Béatrice … Elle m’a été envoyée par mon ange, ça ne s’invente pas !
Quelques « Gustave » sont partis animer des soirées familiales grâce aux mamies, dont celui pour « l’Amiral ». Sa femme m’a dit « c’est l’homme le plus important de toute la famille, c’est notre pilier ». L’amiral sera le mot de la fin.
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