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La fête des mamans
29/05/2016 15:51
« On ne peut pas exister sans être aimé » de Romain Gary
Ma journée de dédicaces à Montauroux était un peu surréelle. Je ne parlerai pas de l’accueil chaleureux, des embrassades, de l’émotion intacte à chacune de nos retrouvailles. Le Directeur qui me salue avec déférence, moi la toute petite auteure… Rien à ajouter là-dessus si ce n’est que cela permet d’optimiser cette journée.
Alors pourquoi surréelle cette journée ?
- Parce que c’était la veille de la fête des mamans, que lorsqu’au moment de la dédicace voyant les yeux brillants de jeunes gens (de Yoan pour ne citer que lui, très pressé mais qui ne voulait plus partir) et surprenant l’émotion dans leur voix à l’intitulé du prénom tant chéri, j’essayais d’imaginer comment étaient ces mamans à qui était destiné mon livre.
- Parce que d’autres étaient ému(e)s en pensant à leur maman disparue, toujours trop tôt, mais qui repartaient avec un de mes livres comme un lot de consolation.
- Parce que d’autres encore, malgré les nombreuses années passées, s’épanchaient en me racontant leur souffrance d’avoir été mal-aimé(e)s, rejeté(e)s, des souffre-douleurs. Et là j’essayais de trouver les mots qui apaisent.
- Parce que j’ai rencontré un petit bonhomme haut comme trois pommes, six ans à peine, qui après avoir lu quelques lignes de « Gracieuse et Panache sont amis » m’a dit au vu de mes peintures et dessins « moi je veux dessiner et vous vous écrivez ». Voilà il me proposait déjà sa collaboration. Soudain Eagan (prénom irlandais qui veut dire puissant) a pointé son doigt sur le livre à offrir à sa mamie Chantal. Son père a souri ajoutant « je cherchais un livre pour ma maman ». Puis il s’est assis au sol pour démarrer sa lecture tranquillement. Tout comme Léane (qui se prononce Li Hane prénom chinois qui veut dire paix et tranquillité) un gamin adorable reparti avec « Gracieuse… » tout content. Mamie Anne qui m’assure qu’elle allait être gâtée le lendemain et ne voulant pas être en reste, a emporté la trilogie et Gracieuse pour ses 4 petits enfants, m’assurant qu’elle les lira aussi…
- Parce que pour finir, cette dame qui a refusé une dédicace car « c’est à moi d’écrire ce que j’ai ressenti en vous écoutant et pourquoi j’ai choisi ce livre ». Comprenne qui peut ! Respect !
Une journée qui ne s’annonçait pas sous les meilleurs augures avec les restrictions d’essence et l’agitation permanente actuelle, mais qui a été forte en messages d’amour, de générosité et de détresse assortie de courage. Mon esprit a flotté dans une autre dimension. En des allers et retours dans mon autre vie et dans celle-ci. L’enfant que j’ai été et la maman que je suis aujourd’hui… On retient forcément les leçons de la vie.
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Les cloches ont sonné...
15/05/2016 22:00
Les cloches ont sonné… Que dis-je ! Elles ont carillonné… À la volée ! Toute la journée ! Avec tout l’éclat des cérémonies festives…
Monsieur le Curé accueillait chaleureusement ses fidèles pour des baptêmes le matin et un grand mariage l’après-midi. Des jolies petites filles papillonnaient dans leur robe en tutu de voiles… Les garçonnets aux petits nœuds papillons de travers boudaient un peu… De beaux décolletés, de belles couleurs chatoyantes… pour la fête d’à côté… Je n’ai pu m’empêcher de penser que c’était un bon présage pour avoir un ciel clément (à l’instar de la météo qui s’annonçait de méchante humeur). Cerise sur le gâteau, les hirondelles avaient nidifié dans le toit de l’église et voltigeaient au-dessus de nos têtes dans un ballet incessant. N’avaient-elles pas le pouvoir d’annoncer le printemps ? Probablement !
Non, samedi je n’étais pas à Tahiti (malgré ma photo de vahiné), ni à Rome pour les cloches, vous l’avez compris, mais à la 19ème rencontre littéraire à Saint Laurent du Var en ce samedi de veille de Pentecôte. Dans le Vieux Village, avec ses enfilades de ruelles étroites, ses maisons aux murs épais, ses clochers, ses magnifiques arbres.
Dans ce Vieux Village, j’y ai fait mes premières dédicaces. C’était il y a six ans. J’étais là, à mes tout débuts, avec mon premier roman. Et c’est là que j’ai rencontré Marithé, un coup de cœur et une fidélité à toute épreuve. Elle est vive, pétillante, souriante. Lors de notre première rencontre, elle passait devant mon livre « retourne de là où tu viens », portant une pile de chaises dans les bras, elle me dit en regardant mon unique livre sur la table « je voudrais bien retourner de là où je viens, j’aurais 84 ans de moins, gardez-m’en un je le prendrai à la fin du service ». Et chaque année, mon cœur bat à tout rompre lorsque j’arrive dans ce salon car ma pensée immuable est « sera-t-elle là cette année » ? Je ne pense pas à la mort mais à l’usure de la vieillesse.
Elle est venue me saluer dès mon arrivée et me dire un brin malicieuse « tu vois je suis encore là et j’étais sûre que toi aussi tu serais là »… Lorsque penaude je lui ai montré mon conte « premières lectures » « Gracieuse et Panache sont amis » n’ayant pas de nouveauté adulte, elle a souri. « Mais ce sera parfait, tu sais bien que dans ma tête je suis restée une enfant, n’oublie pas, mets-m’en un de côté ». Je me suis demandée « et si c’était ça sa recette de vitalité intacte d’année en année à bientôt 90 ans » ? Elle doit sûrement avoir mal quelque part à son âge mais elle n’en laisse rien paraître, quand tant de personnes pleurnichent pour le moindre bobo. Commencer une journée de dédicace avec cette leçon de vitalité, c’est MAGIQUE…
Pour le déjeuner des auteurs, une équipe bénévole de mamies prépare toute la matinée des pan bagnat au pain savoureux et aux ingrédients locaux arrosés d’huile d’olive succulente. Viennent ensuite les pâtisseries maison comme l’incontournable « tourta de bléa nissada » , tourte de blettes sucrée niçoise, un pur régal.
Oui je serai une inconditionnelle de ce salon, même si il y a eu moins de monde cette année, mais aussi moins d’auteurs, ce qui a équilibré l’offre et la demande.
C’était euphorisant de voir nos lecteurs/lectrices chercher des yeux « leur » auteur. L’émotion garantie au bout de nos échanges bien souvent murmurés telles des confidences. Vingt quatre heures plus tard, ma plus belle pensée va vers ces mamies bénévoles, restées jeunes et dynamiques pour nous offrir des colliers de fleurs (thème de l’année), nous servir à manger et à boire comme si nous étions des personnes importantes. Un grand merci ému.
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Clélia...
09/05/2016 18:26
« Voyager est un triple plaisir : l'attente, l'éblouissement et le souvenir.”de Ilka Chase
Une fois n’est pas coutume... Pour une fois, j’ai pris mon temps, je suis arrivée la veille sur mon lieu de dédicaces. Je voulais me « savater » - c’est ainsi que l’on dit dans mon Sud - dans cette ville qui comptait cent mille habitants en 1945 et dont la population a plus que quadruplé de nos jours. Montpellier offre aux visiteurs ses multiples visages. La cité historique se mêle au moderne sans heurt ni faute de goût… L’accueil, les sourires, la verdure, le soleil, étaient au rendez-vous pour une visite mémorable. Les « trompe l’œil » sont saisissants de beauté. Une très belle réussite. On aimerait s’y suspendre, toucher, pour voir si c’est « du vrai ou du faux »…(la preuve par l’image). Le soir, de retour dans notre chambre d’hôtel, nous étions fourbus et heureux. Juste un bémol, il faut au moins une semaine pour apprécier toute la richesse artistique de cette ville. Nous reviendrons…
Le lendemain, totalement déstressée et apte à appréhender ma journée de dédicaces à St Aunès, j’ai souri, présenté, dédicacé mes livres aux Montpelliérains venus surtout pour faire leurs courses au Leclerc, car je n’étais pas du tout annoncée. Qu’à cela ne tienne ! Je suis assez grande pour le faire moi-même. Immanquablement ils devaient passer devant l’Espace Culturel. Aussi soit ils s’arrêtaient pour bavarder en repartant un livre sous le bras, soit continuaient leur chemin en poussant leur chariot… Le tout dans une ambiance apaisée et agréable.
Et comme dans toute journée de dédicaces il y a l’instant magique et que je prends toujours plaisir à partager, il est venu de Clélia. Bien souvent il y a des personnes qui se tordent le cou pour nous ignorer et surtout éviter notre regard… des fois que… Là Clélia se tordait le cou pour accrocher mon regard. Sa maman visiblement pressée se dirigeait vers la sortie. Je me demandais bien pourquoi cette adolescente tirait sa mère par le bras en me désignant du menton. Je ne la connaissais pas, et ne crois pas l’avoir jamais rencontrée dans d’autres dédicaces. Clélia finit par avoir gain de cause et les voilà qui font demi-tour, re-rentrent dans la galerie en se dirigeant vers moi. La maman me dit en souriant « il se fait tard, déjà midi et demi, et nous avons faim mais ma fille veut absolument parler à l’auteur ». Clélia, du haut de ses douze ans, bientôt, précise-t-elle, d’une maturité très précoce, a des yeux magnifiques, un sourire d’ange et voulait tout savoir de l’écriture. La maman, aussi adorable, s’est laissée prendre au jeu, me disant que sa fille dévorait les livres et qu’en fin de compte elle appréciait notre rencontre, oubliant sa faim. Clélia a voulu « retourne de là où tu viens », sa maman « La clé de l’embrouille » et « Gracieuse et Panache sont amis » pour le petit frère. Dans un éclat de rire Clélia m’a dit « dédicacez à la famille R… tout le monde vous lira ». Une autre adolescente, pardon j’ai oublié son prénom, est allée chercher son papa au fin fond du magasin. Celui-ci m’a dit « ma fille veut lire votre histoire, je n’ai pas le choix… » d’un air très fier ! Isabelle, après bien des hésitations et deux A/R, n’a pas résisté et m’a fait dédicacer « La clé de l’embrouille » pour l’anniversaire de Miryam son amie d’enfance... Je me souviens aussi de Mamie Nanou qui a eu un coup de cœur pour « Retourne de là où tu viens » pour sa petite-fille Sarah et « Gustave » pour Zoé… est partie faire ses courses en vitesse et a récupéré les livres dédicacés au retour… Et ce jeune papa, un touriste attendant son épouse, s’est approché et m’a dit « mon fils lit au moins cinq livres par semaine, je n’achète plus rien, je l’ai inscrit à la bibliothèque mais là votre « Gustave » il le lui faut, il va adorer… Je vous ai entendu le présenter. Et il le feuilletait avec frénésie en pensant à la joie de son fils. Et il ajoute «surtout la princesse… Il va lui donner des couleurs » !
Dans ma tête me reviennent en mémoire les paroles des Compagnons de la Chanson « Je suis le vagabond, le marchand de bonheur... ».
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Prendre son temps...
05/05/2016 21:10
« L’homme doit être maître du temps, pas son esclave » de Golda Meir
Et si vous preniez le temps de venir me rejoindre, en ce week-end festif, à l’Espace Culturel du Centre Leclerc de Saint Aunès à quelques kilomètres de Montpellier ?
Je vous y attendrai le samedi 7 Mai de 9h30 à 18h. Je me ferai le plaisir de vous présenter mes romans. En ce joli mois de mai, la fête des mères n’est pas loin. Un livre dédicacé en coup de cœur prend toute sa place. Que vous aimiez les histoires vraies, les histoires de terroir, les histoires policières, les histoires « fable initiatique sur l’amitié » pour « premières lectures » illustrées par mes soins, il y aura toujours un livre qui vous « choisira » car il aura su vous séduire pour l’offrir ou vous l’offrir.
Garantie sensations fortes !
« Peu de lectures, simples mais fortes, qui laissent traces » de Jules Michelet
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Magique !
01/05/2016 09:03
« Le doute est l’école de la vérité » de Francis Bacon
A tou(tes)s mes ami(e)s du Web :
Hier soir je me suis dit « demain j’aurais sûrement quelques messages d’amitiés pour mon anniversaire » comme la petite fille qui a perdu sa première dent et qui attend le lendemain pour voir ce que la petite souris lui aura apporté comme cadeau.
Ce matin ma journée a démarré en douceur, bonheur, gentillesse, sourires, des fleurs, des appels…
Alors c’est sûr je m’interroge. Je me demande pourquoi ? Pourquoi tant de personnes prennent un peu de leur temps pour me fêter ? Nous ne nous connaissons pas pour la plupart. Et c’est là que je me dis « finalement c’est magique cette manifestation de doux élans cordiaux et amicaux». Ça réchauffe le cœur dans une vie où rien n’est parfait. Où en ce jour heureux il y aura forcément des manques, des ratés. Il faudra composer avec et ça sera plus facile.
Si je doute parfois, la vérité est là dans cette belle chaîne d’amitié. Moi qui refuse les chaînes, qui n’aspire qu’à vivre en toute liberté, j’aime bien en ce jour où une année vient s’additionner immuablement aux nombreuses autres, me laisser prendre dans vos maillons.
J’avais commencé à répondre individuellement, puis j’ai eu envie de vous écrire.
Un chaleureux merci à vous toutes et tous.
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