|
|
[ cinéma ] [ peinture ] [ littérature ] [ polar ] [ poésie ] [ roman jeunesse ] [ critiques ] [ mes humeurs ] [ Zinzolin ]
|
|
|
|
La femme au tableau
31/07/2015 18:06
"Un des plus grands bonheurs de ce monde, c'est l'amitié. Un des bonheurs de l'amitié, c'est d'avoir une personne à qui confier ses secrets". (Les plus beaux proverbes).
Avec mon amie Claire, nous avons pris pour habitude de programmer un après midi par semaine pour pouvoir nous raconter. Autour d'un café nous refaisons le monde. Ces temps-ci nos tracas s'accumulent. Pour ma part, mes livres, mes séances de dédicaces ne suffisent plus à me sortir de ma torpeur.
Aujourd'hui Claire a décidé d'un changement de programme. Nous irons au cinéma. Excellente idée lui ai-je répondu. Et nous voilà toutes les deux, après une bonne heure de bavardage dans le coin café du cinéma, bien calées dans nos fauteuils, au frais et attendant avec impatience de voir "La femme au tableau".
"Une septuagénaire américaine d'origine autrichienne mène un combat incroyable pour récupérer les tableaux de sa famille, volés par les nazis.
Elle engage un jeune avocat, fils d'amis de la famille. Tout d'abord il ne pense qu'à l'appât du gain. Récupérer le plus beau tableau de Gustave Klimt lui rapporterait gros. Puis lors du voyage à Vienne, il se sent Autrichien, pense à ses grands-parents déportés en pleine nuit. Il se prend au jeu du pot de terre contre le pot de fer. Il veut rendre à cette femme ce qui lui appartient de droit : le portrait "Adèle" de Gustave Klimt est celui de sa tante Adèle. Pour cette femme c'est une histoire de famille, pour les Autrichiens, ce tableau est un patrimoine d'une extrême importance. Ils refuseront toute transaction avec l'héritière pour rendre le tableau.
C'est une histoire vraie et nous adorons les histoires vraies. Le peintre est Gustave Klimt et j'adore Gustave Klimt. J'ose avouer qu'avant d'être allée à Vienne, il y a quelques années de ça, et d'avoir admiré une exposition qui lui était entièrement dédiée, je n'étais pas spécialement attirée par la peinture. J'ai été subjuguée par ses tableaux et je crois lui devoir ma forte attirance pour la peinture.
Mais au-delà des critiques qui ne sont pas très élogieuses, au-delà du jeu des acteurs que nous avons trouvé magnifiques, parce que beaux, parce que touchants, parce que troublants dans leur détermination, au-delà de l'histoire où la justice passera, c'est le partage que nous en avons fait avec mon amie Claire. Nous étions émues, écrasant nos larmes discrètement, applaudissant presque lorsqu'une réplique faisait mouche, riant quand le méchant s'est laissé battre grâce à la complicité d'une femme d'un certain âge et de son jeune avocat.
Amitié... Amitié... Un après-midi sous le charme de l'Amitié.
| |
|
|
|
|
|
|
|
Dans l'ombre de Mary
10/03/2014 21:39
« Éduquer, ce n'est pas remplir des vases mais c'est allumer des feux" de Montaigne
Cet après-midi nous sommes allées au cinéma, Claire et moi.
Nous avons choisi, ou plus exactement, Claire avait très envie de voir « Dans l’ombre de Mary ». Je ne savais même pas de quoi il s’agissait, mais notre amitié a cela de magique, que le désir de l’une devient automatiquement le plaisir de l’autre.
Nous voilà donc confortablement installées dans nos fauteuils et comme à l’accoutumée nous papotions, tant de choses à nous raconter. Puis la musique de Mary Poppins nous a agréablement surprises et nous nous sommes laissées emportées par la beauté d’une petite fille aux cheveux blonds bouclés, tombant en cascades sur ses frêles épaules, des yeux magnifiques observant les adultes avec une acuité mêlée d'indulgence. Elle avait tout d'une petite princesse, libre, rêveuse, un brin sauvageonne. Un père qui exalte en elle son imaginaire, un père en fusion totale avec sa fille. Dans un beau décor australien, des poules, des chevaux. Une vie insouciante. Face 1 du décor.
Le rêve m’a tout de suite envahie. Imaginez ! Une auteure, Pamela Travers, est invitée par Walt Disney à participer au script de son roman à succès pour l’adapter au cinéma. Et ce durant vingt ans. Et durant vingt ans elle refuse, puis acculée, sans autres revenus n’écrivant plus, elle part rejoindre Walt Disney et joue la diva exigeante et aigrie.
Je me la jouais à la Miss Pamela Travers, on me suppliait pour que j’accepte qu’on tourne un film d’un de mes romans. On peut rêver ! ça sert à ça le cinéma !
Très vite, du rêve on passe à la réalité qui dévale la colline à la vitesse d'une avalanche. Très vite, elle vous emporte. On découvre qui est Pamela Travers. Dans des allers et retours incessants, on voudrait être la petite fille adorée de son papa, puis on redevient la femme qui revit son enfance, dans des images choc, dans des moments difficiles. On découvre que sa relation fusionnelle avec son père l'a déconnectée de la réalité. Il la fait rêver, il veut qu’elle ait une autre vie que la sienne qui l’insupporte au point de devenir alcoolique. Dans sa faiblesse, il en fait sa complice. Le feu restera longtemps allumé !
Face 2 du décor : le destin diamétralement opposé de Walt Disney. Derrière le faste de la réussite se cache une terrible souffrance. Là aussi le feu a couvé longtemps !
Je n'en dirais pas plus !
L'enfance c'est un plein de TOUT en bien et en mal.
Le bien peut se transformer en mal et le mal en bien. Nous avons tous des "feux allumés" dans notre enfance. Personne ne pourra me dire le contraire.
Après reste à en faire notre chemin de vie...
C’est beau, c’est déchirant, c’est émouvant, c’est subtil, c’est, c’est… d’une poésie !
Je ne suis pas une inconditionnelle de Tom Hanks. Loin s’en faut. Je serais même incapable de citer un de ses films. Mais son rôle il le joue à la perfection.
Par contre Emma Thomson je l’admire beaucoup depuis de nombreux films et elle est belle, et elle joue juste et quand la glace se brise, qu’enfin elle accepte la réalité de son passé, qu'elle repousse les mauvais souvenirs pour n'aborder que les bons, pour positiver et grandir, elle pleure; On pleure avec elle.
Dans ma précédente rubrique j’écrivais que l’adulte se construit dans le terreau de son enfance. Dans ce film, c’est infiniment vrai. Alors on se revisite forcément. Et forcément des bribes de mémoire remontent à la surface. À vous remuer les tripes, forcément !
On passe sa vie à se battre avec ses démons, tous feux allumés, alors qu’il suffit de lâcher prise et de pardonner pour être heureux. C’est la morale du film.
| |
|
|
|
|
|
|
|
Un été à Osage County
28/02/2014 20:04
Hier après-midi, cinéma avec mon amie Claire : Un été à Osage County
Le choix avait été vite fait, toutes les deux nous adorons les deux actrices principales : Meryl Streep et Julia Roberts. Nous avions vu les bandes annonces, vu et revu les interviews de la grande Meryl Streep et comme je ne rate jamais les films qui évoquent les relations mère-fille (comme d'ailleurs les livres) nous savions à quoi nous en tenir. Là pour le coup nous avons été grandement servies.
Une mère, trois filles, le père suicidé, le cancer, tous les ingrédients sont rassemblés pour des retrouvailles en famille... Et quelle famille ! Explosive telle des obus enterrés durant la guerre éternelle et qui les uns après les autres sont dégoupillés par les non-dits, les secrets lourds à porter ou mal gérés.
De règlements de comptes en rebondissements spectaculaires, de crises en crises, on apprend pourquoi... la haine a envahi tous ces coeurs. Pourquoi cette bile déversée rebondit-elle sur chacun des membres de la famille à des degrés divers ? Nul n'est épargné.
Le jeu des acteurs est époustouflant, criant de vérité. On est pris dans la tourmente, on a mal en même temps qu'eux. On a envie que ça cesse, que tout va s'arranger. Mais on ne peut recoller les morceaux quand il manque l'essentiel : l'amour !
La musique est très douce. Quand Meryl Streep danse en dodelinant de la tête, sur un vieil air d'un disque vinyle, on oublie l'actrice pour ne voir que la mère et on essaye de reconnaître le morceau qu'elle remet inlassablement sur le vieux tourne-disque, son sourire revisite sans nul doute de vieux souvenirs.
Alors me direz-vous, heureuses ? Contentes du choix du film ?
Je n'aurais pas pu en parler dés hier. Il m'a fallu digérer ces tensions, ces déchirements, ces haines. Ce miroir sans tain.
Alors, si vous avez eu une bonne famille, une mère aimante et une enfance heureuse, allez voir ce film. Vous saurez à quoi vous avez échappé.
Si vous avez souffert d'une enfance malheureuse, d'une mère méchante, d'une famille indifférente, allez voir ce film. Vous apprendrez à relativiser et peut-être à comprendre POURQUOI ça n'a pas marché et alors, vous aurez une petite larme au fond des yeux et vous aurez envie de vous dire "finalement il n'y a pas qu'à moi que cela est arrivé".
| |
|
|
|
|
|
|
|
12 years a slave
30/01/2014 21:42
« 12 years a slave »
Les critiques sont unanimes :
« Excellent film, il va rafler tous les oscars » .
« Ce film n’est pas un film de plus sur l’esclavage ». Là je m’inscris en faux !
« Salmon se bat pour rester en vie et garder sa dignité ». Qu’on m’explique !
Cet A.M. avec mon amie Claire, nous sommes allées voir ce film. Il pleuvait dehors mais il n’a pas plu dedans. Nous n’avons pas aimé mais pas du tout aimé ce film.
Film à grand spectacle qui dure 2h 13’, d’une dureté extrême.
En une heure on aurait pu résumer l’histoire de cet homme noir, violoniste, cultivé, libre, enlevé et vendu comme esclave. On nous montre et remontre les dos marbrés sous les coups, les cris et les pleurs, les champs de coton. Du déjà vu XXXX fois.
On nous dit qu’il se bat pour garder sa dignité. Je n’ai pas trouvé à quel moment il se bat pour garder sa dignité. Il fait comme tout homme pris dans la tourmente, il obéit aux ordres les plus cruels, il manie le fouet sur une pauvre fille noire et il réussit à s’en sortir grâce à la complicité d’un blanc qui était un abolitionniste de l’esclavage. Il laisse derrière lui tous ses compagnons d’infortune qui ont dû probablement subir après son départ les représailles du maître esclavagiste ignoble.
Après dans le générique, on nous dit qu’il a fait ceci, cela… après oui. Mais pas pendant.
Si on veut résumer ce film, on dira que l’être humain est dépeint sous ses pires instincts, prêt à tout pour s’en sortir, comme ce blanc ivrogne qui jure sur son honneur pour aider l’esclave et qui aussitôt le trahit pour retrouver son poste de contremaître. Comme cet esclavagiste qui n’a plus aucune morale, morale contre laquelle il se bat bien en vain, ses bas instincts sont les plus forts. Comme la Maîtresse lâche et jalouse des agissements de son mari, se venge avec beaucoup de hargne sur une pauvre noire qui subit les assauts amoureux du maître.
Noir c’est noir… il n’y a plus d’espoir.
C’est un film sans espoir sur la nature humaine.
| |
|
|
|
|
|
|
|
Guillaume Gallienne
20/01/2014 22:52
« Les garçons et Guillaume, à table »
Ce film, je mourrais d’envie de le voir et c’est fait.
Il pleut depuis plusieurs jours, on déprime averse et une séance de cinéma ne pourrait que nous apporter un peu de sérénité. RDV est pris avec mon amie Claire.
Nous nous sommes installées confortablement dans une salle au quart remplie. Un lundi à 13h50, forcément … Ainsi nous n’aurons pas à supporter les grincements de dents sur les pop corn, les bonbons déshabillés de leur emballage cristallin et suçotés bruyamment ou les coca pétillant bus à la paille avec des sonorités étranges.
Égoïstement, nous papotons en attendant le démarrage du film. Tant de choses à se raconter, puis brusquement la salle se tait, nous aussi.
Dès le départ Guillaume Gallienne crève l’écran et d’un ton un peu monocorde il présente sa mère… Cette mère qu’il aime pardessus tout, au point de vouloir lui ressembler, lui faire plaisir, l’imiter, lui plaire. Et tout le quiproquo vient de là. Elle voulait une fille et par amour pour elle, il a joué le jeu en détruisant peu à peu ses repères… jusqu’au jour où…
On connaissait le thème, avions vu plusieurs fois la bande annonce, donc on s’était dit qu’on allait en savoir un peu plus sur ce Guillaume Gallienne. Diantre ! La surprise est de taille !
Je dis toujours que l’humour permet de mieux faire passer les messages, mais là c’est époustouflant !
Et le pire c’est que nous avons ri sans gêne. Là où nous aurions dû être un peu envahies par notre pudeur eh bien nous riions encore plus allègrement. Le ridicule joué avec quel tact !
La performance d’acteur de Guillaume Gallienne, tour à tour Maman et Guillaume, les vérités qui se dévoilent dans un sentiment de détresse, de panique dans une quête d’identité nous subjuguent. Petit à petit comme dans un jeu de dames, il avance les pions, tantôt noirs, tantôt blancs. On est troublé. Le personnage est sympathique car de victime il passe à celui de gagnant. Et la mère, comme toute mère, s’effacera avec tendresse.
Souvenez-vous, j’avais écrit une chronique sur la folie. Indéniablement, cet acteur est fou, c’est ce qui fait son immense talent.
| |
|
|
|
|