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Du rire !
10/06/2016 09:19
“Si j'avais le pouvoir d'oublier, j'oublierais. Toute mémoire humaine est chargée de chagrins et de troubles.” de Charles Dickens
Envie de rire ? Mais de rire aux éclats ? De rire pour de « vrai » et se laisser porter ?
Envie de savoir ce qui se passe dans les familles ? Celle des autres, pas la vôtre. Oui mais la nôtre, la vôtre, qu’est-ce que ça change ? Il y aura toujours un frère, une sœur, une mère, un amant subsidiairement… Sauf que les situations diffèrent suivant la mère, la sœur, l’argent, la jalousie, ah oui la jalousie entre frères et sœurs tout le monde connaît. Mais si ! Fouillons un peu dans nos mémoires ! La chouchoute, le préféré opposés à la mal aimée, au souffre douleur, les grincements de dents, les règlements de compte à chaque réunion familiale… Comment vous ne connaissez pas ? Alors allez vite voir le film « retour chez ma mère » et vous saurez ce à quoi vous avez échappé ou ce que vous aurez manqué. Parce qu’une fratrie, c’est quelque chose ! Du dur. Du pur. Du sûr. Mais aussi des larmes, des regrets, des frustrations, des tristesses et parfois de la haine. Et cette haine, tel l’ouragan, détruit tout sur son passage. Mais pas là, pas dans « retour chez ma mère ». Ouf et ça fait du bien.
Du déjà vu ? Je ne crois pas. Un air de « bûche (de Noël) » de Danièle Thompson ? Non ! La Famille Bélier ? Non ! Un été à Osage County » ? Non je vous dis ! Un autre regard, plus tendre, plus consensuel, plus exigeant aussi !
Famille je vous hais, mes emmerdes, mes amours ! Un trio de femmes fortes et fragiles, un duo d’hommes trop gentils… Tout le monde se cherche… Sauf l’Amour. Il est dans chaque réplique, dans chaque respiration, dans chaque personnage, dans chaque balbutiement. Hélas aussi perceptible soit-il, il est inaudible car la souffrance crie plus fort et la cacophonie est totale. L’amour dérange, encombre, grince des dents, surprend, attaque, susurre… On rit même quand c’est triste à pleurer mais n’est-ce pas là le propre de la comédie, faire rire par l’âcreté de la réalité, la vie projetée sur grand écran, la vérité qui vous assaille, un miroir qui vous renvoie à « vos » vérités. Ces vérités que parfois on a déniées, accumulées au long des années. J. Balasko, A. Lamy et M. Seigner juste comme il faut chacune dans son rôle. On rit moins à la fin, c’est l’émotion qui prend le pas.
Puis quand tout s’arrête, que la salle allume ses néons blafards… La lumière est crue !
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"Ils sont partout"
04/06/2016 13:48
« Parce que c’est ça votre force, votre différence, cette urgence à vouloir absolument vivre en soi et pas à côté de soi et devenir quelqu’un, sans oublier d’où on vient et où on va. Et au bout d’un certain nombre d’années, on se dit que si on n’était pas parti de là, on aurait peut-être laissé tomber » de Steve Suissa
C’est un peu le résumé du film de Yvon Attal « Ils sont partout ».
Hier avec mon amie Claire nous avons retrouvé notre rituel d’aller au cinéma. Il y avait longtemps, des soucis familiaux, des empêchements, mes dédicaces puis les retrouvailles. Le bonheur simple d’une amitié simple et sincère.
Nous voici toutes deux donc à discuter à bâtons rompus pour rattraper le temps perdu. Se rattrape-t-il ? Dans le noir d’une salle de cinéma, et dans l’attente de la projection du film, le temps nous file entre les doigts, entrecoupé de rires et d’émotion. Puis silence, le film ! Quel plaisir d’entendre mon amie Claire s’esclaffer comme une petite fille à chaque répartie, chaque cliché… Parce que oui ce film n’a pas été tourné pour faire pleurer dans les chaumières et encore moins sur les pauvres Juifs… Non, non, non ! Mais pour montrer le ridicule de notre civilisation qui malgré les années, que dis-je les siècles, n’a guère évoluée avec les clichés qui ont la dent dure… Sur ces 0,2% de Juifs de la population mondiale qui continuent à déranger.
Yvon Attal obnubilé par des attaques répétées et parfois personnelles sur les Juifs, s’épanchent deux fois par semaine auprès de son psy. Il pose des questions existentielles qui en deviennent obsessionnelles sans obtenir de réponses. Y-a-t-il des réponses à la bêtise humaine ? Entre nous, les réponses il les connaissait.
La dérision, l’humour, le sarcasme, l’exaspération ne résolvent rien tant que « l’homme restera un loup pour l’homme ». Tant que le proverbe « l’union fait la force » restera lettre morte. Tant que le 10ème commandement « Tu ne convoiteras pas… » restera ignoré.
Il n’a rien inventé, et moi encore moins, sauf qu’à penser tout haut, il force à réfléchir, aussi bien les Juifs, les Catholiques, les Musulmans, les Roux, les Blondes, les Gros… Personne aujourd’hui n’est à l’abri d’une attaque, je l’ai été moi-même plus d’une fois et même s’il est difficile de se relever, même si on en garde à vie les stigmates, à chaque fois on en ressort plus fort. Croyez-moi ce ne sont pas de vaines paroles ou des paroles de consolation mais c’est la réalité.
Au vu de ce film, les extrémistes et ou intégristes, les jaloux, les faibles et lâches, le deviendront peut-être un peu plus car on leur vole leur fond de commerce. Ils ont besoin de se repaître du sang et des larmes de leurs victimes et d’éructer pour exister. Mais vous remarquerez qu’ils n’ont jamais gagné une seule victoire !
Yvon Attal j’ai adoré ton film (entre pieds noirs séfarades on peut se tutoyer) mais une image m’a terriblement choquée, même si elle était très belle : les sublimes fesses de ta femme en string noir… Pas du tout à mon goût dans un tel film ... mais pas pour ces messieurs... qui en redemanderont. C'est comme rajouter du sel dans un plat déjà salé pour emporter "la gueule"... Le coup de caméra à trinquer de trop.
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La famille bélier
05/01/2016 18:05
"La vraie générosité envers l'avenir consiste à tout donner au présent.” de Albert Camus
Cet après-midi je suis allée au cinéma... Dans mon salon... sur la chaine réputée pour la diffusion de films récents.
J'ai vu "La famille Bélier". À la sortie de ce film, je n'avais pas eu le temps d'aller le voir au cinéma. Aussi, puisqu'il est venu jusqu'à moi, je ne vais pas bouder mon plaisir.
Un petit rappel de l'histoire : un couple de fermiers sourds et muets élèvent paisiblement leurs deux enfants dont seul un des deux parle et entend, Louane, une belle adolescente, courageuse, qui les aide dans leur activité. Un jour elle rencontre son destin en la personne d'un professeur de chant et la vie de toute la famille bascule.
Le film a été un peu long à décoller au point d'être à deux doigts de renoncer puis d'un seul coup ça part et les rires se sont mêlés aux larmes. Les situations s'enchaînent avec un air de déjà vu ou vécu. Les acteurs sont étonnants de véracité dans leur jeu de composition. Louane est émouvante dans son jeu d'actrice et de chanteuse, spontanée dans son rôle d'adolescente. Une belle histoire tout en finesse et subtilité où l'amour est toujours là présent, l'amour filial, l'amour parental, l'amour tout court et ça fait du bien !
Quel parent n'a pas eu le cœur serré lorsqu'un enfant prend son envol ? Cet enfant qu'on a bercé, vu grandir, consolé puis encouragé... Un jour il s'en va vivre sa vie.
"Je vole, mes chers parents, je vole nous chante Louane et là une main m'a prise en traitre à la gorge et je n'ai pas pu cacher mon émotion.
Qui n'a pas souffert de l'éloignement, des non-dits, des incompréhensions, des fausses pudeurs, des rejets ?
On a tous été enfants avant d'être parents. De quelque côté qu'on se positionne, il y a des zones d'ombre, des soubresauts dans le fil de notre existence, des regrets, oh oui des regrets.
Plus le film avançait et plus en superposition, je revoyais mon papa, ce qu'on s'est dit et surtout ce qu'on ne s'est pas dit. Dans ses yeux je déchiffrais, mais mes oreilles souffrent de ne pas l'avoir entendu. Mon cœur est orphelin de ses mots. On le savait qu'on s'aimait mais de le dire n'aurait-ce pas été plus heureux ? Et aujourd'hui c'est trop tard ! Il n'est plus là, parti sans bruit, sans éclat avec beaucoup de courage et d'intelligence. Un an bientôt ou déjà !
Alors sans plus tarder, dites-le à ceux que vous aimez qu'ils sont très importants pour vous, avant qu'il ne soit trop tard, avant l'irrémédiable, avant de se retrouver dos au mur et les mains vides d'une absence inconsolable. Oublions les bouderies qui ne sont que des prétextes futiles, oublions l'orgueil et l'amour propre, les comptes à régler et ouvrons nos bras pour les refermer tendrement sur nos êtres chers.
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Un + une
14/12/2015 21:14
Nous venons de vivre une année 2015 complètement folle, dangereuse, agressive. Les attentats, les élections, les mises en garde, les menaces, les problèmes des uns et des autres. Comment la finir en douceur et en joie ? J'ai trouvé le remède : aller voir le film de Claude Lelouch un+une. Avec Claire mon amie, nous ne trouvions pas de film à notre goût alors on s'est décidé pour cette romance. Sans trop y croire.
Puisque nous aimons les films de Lelouch, Elsa Zylberstein et Jean Dujardin. Alors pourquoi pas ? Oh combien nous avons eu raison.
Nous avons ri aux larmes, nous avons essuyé notre petite larme, nous avons adoré l'Inde, cette population que rien n'effraie, les dialogues truculents, justes, percutants. Les acteurs sont beaux, mais beaux à mourir... Sublimés par la caméra de Monsieur Lelouch. Elsa en allumée, un peu folle mais si séduisante, Jean en séducteur qui se laisse prendre au jeu de l'amour et qui fait répéter l'histoire. La musique enlevée, légère, entrainante. La vie comme on aimerait la vivre. Jean dit "C'est compliqué les parenthèses". Mais quelle pépite de bonheur une parenthèse dans une existence. Bref un sans faute, un vingt sur vingt. J'y retournerai sans aucun problème demain... Mais pas le temps hélas.
Un grand merci Monsieur Lelouch, on retrouve votre jeu de cinéaste, ces allers et retours, ces acteurs qu'on sent heureux de faire partie de cette aventure romanesque, cette musique qu'on fredonne pendant le film et qui vous reste dans la tête bien après le film.
Deux heures d'excellent cinéma.
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Marguerite
21/09/2015 10:05
"Le vrai bonheur coûte peu, s'il est cher, il n'est pas de bonne espèce" de Chateaubriand
Elle est belle, elle est riche, elle est amoureuse, elle est passionnée et voudrait vivre de sa passion, à tout prix. Mais voilà, cela ne suffit pas : elle chante faux et pour une soprano c'est forcément incompatible. Elle ne s'en rend pas compte et personne n'ose le lui dire. Vous avez deviné, il s'agit de "Marguerite" avec Catherine Frot. L'actrice s'est fondue dans son personnage. C'est une soprano, mais cela peut également concerner une actrice de cinéma ou de théâtre, une auteur, une peintre, une artiste quoi ! On veut tellement y croire, on veut tellement réussir, on veut tellement donner qu'on occulte parfois la réalité. La cruelle vérité !
Mais Marguerite a un deuxième défaut, son argent.
Ah l'argent ! Il attire les mouches autour du pot de miel. Qui oserait dire à Marguerite, généreuse donatrice, qu'elle chante comme une casserole, au risque de perdre la cagnotte pour les orphelins ? Quel journaliste en mal d'existence, profitant des prodigalités de Marguerite, quelle jeune chanteuse à la voix si pure, recevant dix fois le montant de son cachet, auraient l'outrecuidance de dénigrer la poule aux œufs d'or ? Quel anarchiste ne profiterait de cette aubaine de ridiculiser la belle Marguerite, une riche aristocrate (par alliance, son mari avait le titre, elle les fonds...)?
Ainsi gravite autour de Marguerite une foule de profiteurs, d'hâbleurs, de perfides, à l'exception de son majordome qui va tout faire pour la protéger et l'aider à vivre son rêve. Et son mari aussi s'attachera finalement à sa femme "possédée" par le chant. Je chante pour toi lui disait-elle, pour que tu sois fier de moi... Et lui voudrait tellement qu'elle arrête !
C'est risible pour la foule qui se presse, c'est triste et surtout poignant de lire dans les yeux de Marguerite sa solitude. Elle dira au journaliste qui lui aussi s'attachera à Marguerite, l'appât du gain restera malgré tout le plus fort, "Oh l'argent ce n'est pas le plus important, l'important c'est de pas en manquer". Cela résume sa folie qu'elle paiera au prix le plus fort, le tout baigné dans des airs d'opéra enchanteurs.
Si on aime l'opéra, les beaux costumes, le Paris des années 20, des années folles, les jeux d'acteurs fabuleux, du rôle principal aux rôles secondaires, alors oui il faut aller voir Marguerite.
Il y a une morale tout de même dans cette histoire très touchante : il ne suffit pas de travailler, d'être riche, d'être passionnée, il faut "le petit don", le "petit plus" et surtout garder sa lucidité en toute circonstance.
Voilà, c’est tout !
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